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AMBER ALERT

By Kate Lalic

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Le terminal est bondé, Trudeau en serait fier. À perte de vue, je vois mallettes et cafés. La visibilité est nulle, les grandes vitres sont blanchies par la tempête qui rugit à l’extérieur. Le rideau de neige nous laisse seulement voir notre propre réflexion à travers les vitres. J’y tourne le dos et fais semblant d’envoyer un message important sur mon portable. Je me moque bien de cette réflexion svelte qui me fixait. Les aéroports me rendent souvent nostalgique. Des souvenirs de rencontres, de départs et de questionnements se bousculent, mais pourquoi tant d’attachement? Toute jeune, je pris l’avion avec ma poupée sous mon bras. La seule qui comprenait tout, maintenant je suis prise avec Louis à la main. Vuitton, bien sûr. Le vol vers la Big Apple est retardé. Je m’assois sur un banc et fixe l’horloge qui indique onze heures.

Bref, je me suis assise seule dans un endroit gorgé d’individus individuels. Ma migraine décide de m’accompagner et m’empêche de restaurer les morceaux de mémoire qu’il me reste d’hier.

J’étais dans un endroit où le temps flâne, mais ne s’écoule pas. Où il ne veut pas céder sa place au lendemain. Où l’on peut entendre le songe de Mimi qui dépeint les conquêtes des marins au fond de la boite de nuit. Où les teintes d’ambre, l’haleine de whisky et les regards charbonneux glissaient sur mes épaules nues. Malgré le froid de février, mon petit haut s’arrêtait tout juste sous mes seins, laissant deviner quelques côtes, avant que ma taille se cache sous mes jeans étroits. La brique et le bois se mariaient et laissaient place au passé immortalisé entre ses murs humides. Les murmures lascifs des matelots sont prisonniers de cette ancienne buvette. À travers les bouteilles ambrées du bar, je retrouvais quelques visages familiers de Montréal. Blogueuses, journalistes, photographes et mannequins se mêlaient à la foule mondaine. Les chefs francais se démenaient à la cuisine inoxidable afin de séduire les critiques.

Cuddle king. Que fait-il ici?

Je filai vers la salle de bain mixte pour esquiver son regard connu. Il était trop tard, il reconnut mes courbes à travers la lumière tamisé de ce bordel ancien.

Je décide d’envoyer un texto à Koco car elle se souvient toujours de tout.

Mes pensées divaguent vers mes souvenirs de Cuddle King. Il est introuvable à sa manière, son studio était vide à mon arrivée ce matin. Après nos baisers fougueux dans la cuisine du nouveau It place, il disparut à travers les taxis embués de la rue Saint Paul.

Je décidai de l’appeler, encore. Son téléphone est fermé. Je fige devant le message vocal de la charmante opératrice. Il savait pour M.White. Soudainement, tout me revient en mémoire. Dès qu’il me vu avec Koco dans la foule, il me tira vers l’arrière de la cuisine. Il me plaqua contre une table métallique et enfouit son nez dans mes boucles marron. Puis, il pressa ses lèvres contre les miennes sans retenue. Ses mains me fouillèrent tout comme s’il désirait plus que tout y trouver une réponse. Je lui redonnai son baiser avec une ardeur et une rage qui me trahit. Sa langue passa de ma bouche à ma nuque. Je laissai un petit gémissement sortir de ma gorge. C’était à la fois un soupir et un cri. Ses dents pincèrent ma peau, ses lèvres emprisonnèrent les miennes et ses mains de fer agrippèrent le haut de mes cuisses m’empêchant de me dégager de son étreinte. La douleur de sa prise était présente, mais je me sentais en sûreté.

J’essayai une dernière fois de lui envoyer un message, avant l’embarquement de la première classe sur le vol.

Si j’étais au sein d’un long métrage, je serais assise immobile et perdue dans mes pensées. Il y a quelques heures, je laissai derrière l’amour d’une vie sans regret. Du coup, j’entends mon nom à travers la foule aux manteaux froissés. Un son, une langue que j’ai entendu si souvent chuchoter étaient exposés au monde entier. Son cri perça l’air et je me retournai par habitude. C’était lui. Ses excuses et mes larmes fusionnèrent en un fougueux baiser de dénouement. Ah oui, j’oubliais de mentionner son imperméable trempé. And the Oscar goes to….

-Que s’est-il passé hier?

-Que s’est-il passé hier? Ne me dit pas que tu ne te souviens pas! Ce fut une soirée d’ouverture habituelle jusqu’au moment où tu as disparu.

-Et puis?

-Bah, tu as fais quelques aller-retour entre la cuisine et la salle de bain avec je-ne-sais-plus-qui-mais-il-est-important.

Cuddle King, pensais-je. Je dois l’appeler.

– Où es-tu?

-Sur mon départ vers New York.

-Ah bon, à plus.

Elle a tendance a couper la conversation lorsqu’elle sait que je vais visiter M.White. Depuis ma visite à son hotel particulier, je ne lui ai pas parlé. Il essaya maintes fois de me rejoindre et j’ignora à chaque fois son appel. Peut-être allait-il créer une alerte Amber afin de me retracer? Cela n’aurait pas été ma première alerte…Il m’a envoyé les billets d’avion par courrier électronique. Ses excuses comportent habituellement un avion et un sac de couturiers. Peut-être le prochain sera un Balmain?

J’attrapai mon cabas et remis mon passeport à l’agente sans lui rendre son sourire. En espérant que l’alerte sonne et qu’on me retrouve… Disparue depuis trop longtemps, je repars sans regarder derrière.

À suivre.

Luv Lalic.

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About The Kate Lalic

EIC of the Kate Lalic Blog and Brands. Passionate about traveling, fashion and posh lifestyle. The writer of the upcoming book Kate Lalic Tales.

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