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MR. WHITE

By Kate Lalic

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La rosée du matin perle sur la verdure des terrains environnants. La faible lumière de l’aube frappe la carrosserie neuve de sa voiture. Il empoigne sa mallette et reprend son souffle au seuil de la porte. Une autre journée commence et il a déjà hâte de la terminer. La route vers sa prison de verre semble interminable sans sa drogue caféinée.

Arrivant dans l’artère principale du centre-ville, il lève les yeux vers le gratte-ciel en soupirant. Quelques fois, il aimerait retourner dans le passé. Sa poitrine ce sera en pincement qui le fit grimacer. Sa cravate sembla l’étouffer, un nœud coulant qui le menait au suicide. Aux yeux de tous, il semblait avoir la vie rêvée, car il possédait tout ce qu’une personne peut désirer. Sans savoir comment ni pourquoi, il savait ce qu’il lui manquait.

L’homme aux souliers vernis entra tranquillement dans son bureau vitré. Les vitres interminables reflètent son triste sourire. Son maigre reflet le fit trembler. Il s’assoit dans son énorme fauteuil en cuir faisant face aux multiples façades d’immeubles. Quelques instants plus tard, il entend cogner à la porte de son bureau. Il demande doucement à l’inconnu d’entrer. Dans l’ombre, il ne voit pas son visage, une jeune silhouette se dessine dans l’embrasure de la porte. Il capture, l’instant d’un moment, de longues jambes et une chevelure soyeuse qui avance dans la noirceur en murmurant : papa…

Ses pleurs la réveillent, ses mains humides agrippent les draps froids. Son corps se raidit, tremblant d’amertume. De grosses gouttes roulent le long de sa colonne vertébrale pour tomber au creux de ses reins. Chaque nuit, il revient la hanter. Son corps chancèle sur le côté, sa respiration est saccadée, son souffle étouffe des sanglots emplis de secrets. La pénombre l’engloutit dans sa misère, la torpeur envahit son âme.

I’ll leave the door open, if you ever come back one day. You’re never coming home. Hopeless, faithless, it’s too hard to breathe underwater. I’m drowning. Even in my deepest nightmares; I’m wide awake, waiting for you.

Why did he leave a little girl behind? A little girl, who grew up with scars on her heart. Will I forgive you? One day, will I see you? Before it’s too late, before I regret.

Regrets are my biggest fear. Maybe all my questions have one answer; fear.

Fear of knowing, to avoid pain, tears, sorrow. I can’t see the end of this misery. What if I’m a liar? What if I’m the one who wants to be alone?

My nightmares might become reality
But somewhere in this darkness, there’s a ray of light and it’s you.

Secouées par les sanglots, mes membres engourdies s’étirent doucement du lit.
Une nouvelle journée commence… new day, new chapter.

Les idées se bousculent et tout chamboule.

Avoir peur de se regarder dans une glace pour y apercevoir une image fade et flétrie d’une fleur à peine épanouie? Chaque jour semble heureux, l’est- il vraiment? Ou le mot semble s’applique à l’expression?

Tant de questionnement, si peu de réponses.

L’amour est-il toujours là? Devient-il démodé dans le cœur de l’amant? Sans passion, l’amour n’est qu’un fruit sans couleur. Il reste sucré et tendre, mais non attrayant. La passion s’estompe et la routine prend la relève. Cette calme routine s’avère tumultueuse lorsque les deux coeurs s’y mêlent. Par contre, qu’importe la forme qu’il a, il ne sera jamais aussi parfait qu’un cercle. Un cœur imparfait peut en prendre et en laisser…

Ses doigts ne s’emmêlent plus dans mes cheveux comme avant et sa bouche ne parcourt plus la courbe de mon sein en y laissant des doux baisers. Son corps brûlant poussant le mien vers le nirvana, ses hanches enfonçant les miennes au creux des draps blancs. La moiteur de notre peau l’une contre l’autre, haletant, cherchant le souffle de l’autre, cherchant ses lèvres pour étouffer un cri de jouissance… M. White.

Mes maigres bras entourant mon corps frêle, essayant de me sécuriser. Je me souviens d’un poète de la Renaissance qui avait les mots justes. Ses mots m’emportaient et ma mémoire épousait chaque mot pour en retenir son essence : “si les larmes servaient de remède au malheur, et le pleurer pouvait la tristesse arrêter, on devrait, seigneur mien, les larmes acheter, et ne se trouverais rien si cher que le pleur “– Joachim du Bellay.

Les poètes étudiés au fil des ans ont tous une fin tragique. Est-ce l’une d’elles qui m’attend? Je suis une poète incomprise qui est piégée dans son for intérieur. Nul ne peut venir la délivrer. Le chevalier à armure n’a pas pu traverser la forêt d’épines.

Souvent, mon corps n’est plus mien. Ma tête flotte dans les pâles souvenirs de passion avec M. White.

Luv Lalic

Si les larmes servaient de remède au malheur, et le pleurer pouvait la tristesse arrêter, on devrait, seigneur mien, les larmes acheter, et ne se trouverais rien si cher que le pleur.
Joachim du Bellay

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About The Kate Lalic

EIC of the Kate Lalic Blog and Brands. Passionate about traveling, fashion and posh lifestyle. The writer of the upcoming book Kate Lalic Tales.

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